Ce mécanisme est central dans le dispositif d'apport-cession prévu par l'article 150-0 B Ter du Code Général des Impôts.
Quels sont les droits et obligations de l'apporteur ?
L'apporteur devient associé ou actionnaire de la société bénéficiaire. À ce titre :
- Il détient des titres reçus en rémunération de son apport.
- Il dispose des droits de vote et économiques attachés à ces titres (perception des dividendes, participation aux décisions…).
- Il doit respecter un délai de conservation de ses titres pour préserver les avantages fiscaux liés à l'opération.
Dans le cadre spécifique de l'apport-cession, l'apporteur doit contrôler la société bénéficiaire : il doit détenir, directement ou indirectement, au moins un tiers des droits de vote ou du capital.
Pourquoi ce statut est-il important fiscalement ?
L'apporteur joue un rôle clé car c'est sur sa tête personnelle que le report d'imposition est constaté. La plus-value d'apport est figée à la date de l'opération, mais elle reste « accrochée » à l'apporteur tant que les conditions sont respectées.
Exemple concret : Marc, dirigeant d'une PME valorisée à 1,5 M€, apporte les titres de sa société à une holding qu'il contrôle à 100 %. En tant qu'apporteur, il reçoit en échange des titres de cette holding. Sa plus-value (par exemple 1,2 M€) bénéficie d'un report d'imposition. S'il vend lui-même les titres de la holding avant le délai légal, ou si la holding revend les titres apportés sans respecter l'obligation de réinvestissement de 60 %, Marc devra alors payer immédiatement l'impôt initialement reporté.
Le statut d'apporteur impose donc rigueur et planification : chaque décision (cession, donation, transmission) peut avoir des conséquences fiscales lourdes. Un accompagnement par un expert est indispensable pour sécuriser l'opération.