C'est l'une des grandes catégories du Private Equity, aux côtés du capital-amorçage, du capital-risque et du capital-développement. Le capital-transmission cible des entreprises rentables et éprouvées, avec un chiffre d'affaires établi et des flux de trésorerie prévisibles — à la différence du capital-risque qui parie sur de jeunes pousses innovantes.
L'opération repose souvent sur un mécanisme d'effet de levier : on parle alors de LBO (Leveraged Buy-Out). Une holding de reprise est créée pour porter la dette bancaire qui finance une grande partie du rachat. Les dividendes de l'entreprise cible remontent ensuite à la holding pour rembourser la dette. Ce montage permet de racheter des entreprises de plusieurs millions d'euros avec un apport en capital limité.
Les principales formes
Selon les acteurs de l'opération, le capital-transmission prend différentes formes :
| Type | Signification | Repreneurs |
|---|---|---|
| LBO | Leveraged Buy-Out | Investisseurs externes + effet de levier |
| MBO | Management Buy-Out | Rachat par les cadres de l'entreprise |
| MBI | Management Buy-In | Rachat par un manager extérieur |
| BIMBO | Buy-In Management Buy-Out | Mixte cadres internes + externes |
| OBO | Owner Buy-Out | Le dirigeant se rachète à lui-même via une holding |
Exemple concret
Monsieur Martin, 64 ans, dirige depuis 30 ans une PME industrielle rentable valorisée 8 millions d'euros (chiffre d'affaires 12 M€, résultat net 900 K€). Ses enfants ne souhaitent pas reprendre l'entreprise, et son directeur général — Pierre — est intéressé pour la racheter.
Pierre monte l'opération suivante avec un fonds de capital-transmission :
- Création d'une holding de reprise par Pierre + un fonds de Private Equity.
- Apport en capital :
- Pierre : 300 000 € (économies personnelles)
- Fonds de Private Equity : 2 200 000 €
- Total capital = 2 500 000 €
- Dette bancaire senior : 5 500 000 €
- Total financement = 8 000 000 € → correspond au prix de rachat de la PME.
Une fois l'opération finalisée, la PME verse chaque année ses dividendes (≈ 700 K€) à la holding, qui rembourse la dette bancaire sur 7 à 8 ans. Au terme du remboursement, la holding détient l'entreprise sans dette, et Pierre + le fonds pourront envisager une revente (à un industriel, à un autre fonds, ou à l'entreprise elle-même).
Pour Monsieur Martin : il empoche 8 M€ à la cession, qu'il peut réinvestir via une stratégie d'apport-cession (article 150-0 B Ter) pour bénéficier d'un report d'imposition sur la plus-value.
Pour Pierre : il devient dirigeant-propriétaire d'une entreprise de 8 M€ avec seulement 300 000 € d'apport personnel — c'est la puissance de l'effet de levier au cœur du capital-transmission.
Pour le fonds : il vise un TRI de 15 à 25 % sur 5 à 7 ans, à travers une revalorisation de l'entreprise et un multiple de sortie attractif.